Avignon, c’est fini. Mais pas sur Internet.
SPÉCIAL CLAP DE FIN. Le In est terminé. Le OFF se finit après-demain. C'est l'heure du bilan. Globalement positif, nous disent les directeurs du festival, Hortense Archambault et Vincent Baudriller, qui espèrent être reconduits. Ils s'appuient sur des chiffres encourageants : un taux de remplissage à 95%, avec 116000 places délivrées sur 50 spectacles.
La presse, elle, est plus circonspecte. Évoquant les directeurs du festival, Le Figaro parle même de "deux personnes qui représentent assez bien l'immaturité adulescente de notre société". Autre accusation, celle de faire un festival où l'on se défausserait "un peu trop sur le Off pour rester entre soi, entre amateurs très avertis de théâtre, dans le In". Snob et élitiste, Avignon ? Mais est-ce vraiment un débat ? Non. Avec les reportages sur la fabrication d'espadrilles, cela s'appelle un marronnier de l'été.
Le quotidien La Croix, plus mesuré, rappelle à l'intention de ceux qui se plaignent d'un supposé "élitisme parisien", que le public d'Avignon n'est composé qu'à 20% de Parisiens...
Reste que la programmation a été largement critiquée : hormis le travail de metteurs en scène et chorégraphes étrangers (Angélica Liddell ou Alain Platel), beaucoup de déceptions dans le théâtre français contemporain. Le Richard II de Jean-Baptiste Sastre, très attendu, a ennuyé quasiment tout le monde.
The Show Must Go On
Enfin. Le In est peut-être fini, mais le spectacle continue. Si vous n'étiez pas sur place, ni devant votre poste de télévision le 17 juillet, on vous rappelle que grâce à la magie de l'Internet, le spectacle Papperlapapp, de l'artiste associé Christoph Marthaler, est diffusé en intégralité. Il est même juste là , sous vos yeux. Partagerez-vous l'avis des critiques de théâtre et des blogueurs comme l'excellente Judith Sibony, qui ont jugé ce spectacle drôle mais creux ?
Et puisqu'Avignon 2010 était une édition décalée, on diffuse aussi l'étrange 1973, de Massimo Furlan. Vous savez, le metteur en scène/performer/acteur/chanteur/fan de football qui s'est refait la finale France-Allemagne de 1982 en courant tout seul dans le Parc des Princes. Ici, il se prend pour Patrick Juvet et invite des anthropologues à débattre sur scène de l'importance du rituel dans la pop culture télévisuelle.
Tous les spectacles d'Avignon sur Arte Live Web par ici.
OFF We Go
Dans le OFF, sinon, nous avons beaucoup aimé la lecture du magnifique Bartleby faite par Daniel Pennac. Si vous ne connaissez pas l'histoire du clerc de notaire le plus célèbre de la littérature, cliquez, c'est fabuleux.
Autre star du OFF, Romane Bohringer n'a pas fait l'unanimité avec son interprétation d'une oeuvre de Richard Brautigan, Un privé à Babylone. Si le texte n'est pas faramineux, et la mise en scène peu originale, le jeu de l'actrice vaut le détour.
1000 spectacles... C'est vrai qu'il est difficile de faire un choix. Difficile aussi de les voir tous. Mais puisqu'il le faut, osons la subjectivité. Voici les trois pièces préférées de la rédaction web :
1. Les monologues voilés, à la Chapelle du Verbe Incarné. Version orientale et très subtile des Monologues du vagin d'Eve Ensler.
2. Les Présidentes, à la Manufacture. Sexe et excréments : l'art trash et les répliques cinglantes du dramaturge anti-clérical Werner Schwab font des miracles.
3. 1962, au théâtre des Lucioles. L'indépendance de l'Algérie vue par deux enfants. Très beau texte de Mohamed Kacimi, et merveilleusement joué.
Sinon, on nous a dit beaucoup de bien de ces spectacles... Hélas, nous les avons ratés :
Penetrator (qui, contrairement à ce que suggère son titre, évoque la guerre en Irak).
Les 3 vieilles, au théâtre des Doms. Vraiment superbe, nous disaient les festivaliers lors de babillages post-spectacle.
Beautiful Thing, d'après Stephen Frears. Plébiscité par nos amies-blogueuses Les 2 nouilles et l'excellente comédienne de SHH, prix du Public Arte Live Web.
Et pour vous ? Comment s'est passé ce festival ? Racontez-nous...





RSS
Facebook
Twitter